CCRB - LIMOGES 103-92

Le CCRB terrasse le monstre limougeaud


La soirée de mardi a été belle. Longtemps, on a cru que le champion de France signerait une nouvelle victoire, que le CCRB s’inclinerait, logiquement, devant plus fort. Jusqu’à ce double miracle des dernières secondes.


REIMS. – CCRB bat CSP Limoges 103-92 après prolongation (22-22, 15-20, 25-23, 21-18 ; 20-9). Arbitres : MM. Hamzaoui, Lepercq, Lubienski. 2 720 spectateurs.


CCRB : 35 paniers sur 66 tirs dont 10 sur 27 à trois points. 23 lancers francs sur 30. 19 fautes. 32 rebonds (Watkins 7). 18 passes décisives (Payne 7). 14 balles perdues.


Butler 10, Chalmers 5, Payne 21, Watkins6, Morandais 9 puis Edi 14, Mitchell 18, Lesca 14, Florimont 6.


LIMOGES : 35 paniers sur 68 tirs dont 11 sur 33 à trois points. 11 lancers francs sur 14. 24 fautes. 32 rebonds (Moerman 11). 18 passes décisives (Tchicamboud, Westermann, Batista, Boungou Colo 3). 19 balles perdues.


Westermann 6, Zerbo, Boungou Colo 25, Moerman 15, Curry 3 puis Smith 21, Camara, Batista 11, Southerland 6, Plaisted 2.


 


Ce que l’on pensait du domaine du rêve s’est réalisé. Mardi soir à Reims, le CCRB s’est offert le scalp du champion de France à l’issue d’une rencontre qui a vu Michel Morandais et ses partenaires rivaliser avec leurs hôtes, s’accrocher dans les moments difficiles, arracher la prolongation juste avant la sirène puis porter la coup de grâce au cours de ces cinq minutes de bonus.


Reprenons les choses… dans le désordre. Il reste 10’’7 au tableau d’affichage et Limoges mène de 5 longueurs depuis que Moerman a mis le « couvercle sur la marmite » sur un tir de Smith. « J’ai pris un temps mort pour encourager les gars », souligne Nikola Antic. Le coach ccrbiste avoue qu’il n’y croyait « pas franchement ». Mais, la ténacité, l’énergie sont des  qualités qui ont toujours animé le Monténégrin. Ses hommes jouent donc jusqu’au bout. Mark Payne effectue comme il peut la remise en jeu. Miracle, sa passe déjoue l’agressive défense limougeaude. Et le « couteau suisse… américain du CCRB » hérite de ce qui ressemble à un dernier ballon (80-83). «  On a un oubli sur Payne », regrette un Jean-Marc Dupraz abattu. Mais ce miracle doit être suivi d’un second, encore plus improbable, si le CCRB veut arracher la prolongation.


Les dieux du basket devaient  être marnais mardi soir. Ecoutez Rémi Lesca : « Je n’y croyais pas vraiment. Je colle Jamar Smith. Les bras se multiplient et la passe d’Adrien (Moerman) n’est pas précise ». Vous l’avez deviné, le ballon tombe dans les mains de Lesca qui s’empresse de le transmettre à Payne qui l’offre à Mitchell. A près de 7 mètres, l’Américain délivre un tir qui n’en finit pas de tomber… dans les filets du CSP. Tout René-Tys explose. Jean-Marc Dupraz a beau prendre un temps mort désespéré à 2’’5 du buzzer, le score ne bouge plus. C’est la prolongation qui décidera du sort de la partie.


« TOUT DANS CE MATCH »


Cet incroyable dénouement fait des dégâts dans les esprits limougeauds. Edi, auteur d’un match musclé, athlétique (14 pts  en 23’ – 3 dunks), donne le ton. Butler, Payne et Mitchell lui emboîtent le pas (91-85, 43e). La fatigue d’un calendrier démentiel – et ce n’est pas fini, le CSP joue jeudi en Euroleague à Moscou puis samedi en championnat à Villeurbanne – rattrape, dépasse même Boungou Colo et ses partenaires qui encaissent un 20 à 9 lors des cinq minutes d’extra time ! « Il y avait tout dans ce match », se réjouit Nikola Antic. « La victoire contre une équipe d’Euroleague, la victoire devant la télé, une prolongation arrachée dans les toutes dernières secondes, un dunk (énorme d’Edi)  pour finir et plus de 100 points ».


Les sourires pouvaient éclairer les visages des Ccrbistes à la sirène. Ils venaient de signer un véritable exploit en infligeant à Limoges sa deuxième défaite de la saison en Pro A. Et cela à l’issue d’un scénario compliqué. Quatre fois, Michel Morandais et ses partenaires  se sont retrouvés distancés par les champions de France : 9-14 (5e), 29-37 (16e), 44-52 (24e)71-78 (36e) ! Butler (7 pts consécutifs aux alentours de la 5e minute),  Watkins et Morandais vers la 18e, Lesca, Edi et Florimont (25e) ou encore Payne et Mitchell dans le money time trouvèrent, chacun à leur tour, les solutions et les ressources pour effacer le handicap du CCRB et décrocher la prolongation.


UN AUTRE CHALLENGE


La suite, vous la connaissez. Les Marnais prirent leurs prestigieux hôtes à la gorge pour s’offrir leur cinquième succès de la saison en Pro A, le deuxième à la maison. « On pensait peut-être qu’on allait gagner facilement », conclut le coach limougeaud. « A + 5 à 10 secondes de la fin, on a cru que le match était plié », ajoute Nobel Boungou Colo, la meilleure évaluation de la soirée (29). « Ce n’est pas décevant, c’est énervant ».


Loin de ces regrets limougeauds, les Ccrbistes pouvaient laisser éclater leur joie et communier avec leur public. Mais, à l’image de Nikola Antic, ils gardaient la tête froide : « Je ne m’emflamme pas après les victoires, je ne broie pas du noir après les défaites ». Un autre challenge attend sa troupe. Samedi, il emmène ses joyeuse bande à Strasbourg, l’autre monstre de la division, désormais seul leader depuis que Limoges s’est pris les pieds dans le tapis de René-Tys.