LE GESTE DU MATCH CCRB - ORCHIES J1

Le contre est bon


L’action est passée inaperçue. Mais en empêchant Brocheray de servir Rowland, Arthur Bouedo a permis à sa formation de conserver les commandes à la fin du troisième quart.


A la fin d’une rencontre, les yeux des profanes sont souvent dirigés vers la colonne « points ». Si le scoring est une donnée capitale, certaines actions méritent qu’on s’attarde sur elles. Tenez, essayez de vous souvenir de la 29e minute du match remporté contre Orchies (88-75). Les affaires des hommes de Nikola Antic ne sont guère florissantes à ce moment-là. Pasalic doit sortir après sa troisième faute, les Ccrbistes viennent de perdre le ballon (pour 24 secondes) et Grier a profité de ce mini trou d’air pour inscrire quatre points consécutifs qui relancent la partie.


A cet instant, les Marnais mènent donc d’un point (59-58). Mais la possession est nordiste. Le contre va aboutir, c’est sûr, Brocheray étant sur le point de trouver Rowland, son petit meneur en feu, dans le corner. Si l’action fait mouche,  les Ccrbistes abandonneront le score à leurs hôtes pour la première fois depuis la possession initiale.



Comme un volleyeur


C’est sans compter sur Arthur Bouedo qui se trouve entre les deux Orchésiens. « Dans cette situation, tu essaies de choisir un joueur à marquer », explique le meneur du cru. Alors Brocheray et ses 202 centimètres ou Rowland et son 1,86 m ? « J’étais la dernière rotation défensive », poursuit-il.  « Brocheray était en haut (devant le banc du CCRB), son shooteur dans le corner. Dans la majorité des cas, le grand va essayer de donner le ballon ».


Tout cela bien sûr, Bouedo l’a pensé en une poignée de centièmes de secondes. « En fait, j’ai vu l’action au ralenti. J’ai suivi les conseils d’un de mes coaches à l’Université du Wyoming, Fred Langley, et je suis allé sur Brocheray avec les mains dans un certain angle afin de couper la ligne de passe », un peu à la façon d’un block d’un volleyeur. Et cela a fonctionné. « J’avais déjà réussi ce genre d’action une ou deux fois en match mais jamais sur une possession aussi  importante ».


Frustré d’avoir « gâché » la balle qui aurait pu donner une autre tournure au dernier quart, Brocheray commet une faute afin d’empêcher Bouedo de s’emparer de la balle qu’il venait de contrer. « Cela aurait pu, dû, nous offrir deux lancers francs », ajoute Nikola Antic à qui l’on n’apprend pas les règles du jeu. Le coach du CCRB n’en voudra pas aux arbitres de la rencontre. Sur l’action suivante, John Turek inscrivait en deux temps un panier qui redonnait un peu d’air à son équipe. Puis, ses « grognards » Morandais et Giffa bouclaient l’affaire lors des deux premières minutes de l’ultime quart…