Pierre HAYON

Pierrot a rangé ses sacs


Intendant depuis vingt-cinq ans, Pierre Hayon a décidé de prendre sa retraite des vestiaires et des bords de terrain.


Depuis le début de la saison, la silhouette joyeuse et généreuse de Pierre Hayon, Pierrot pour les intimes du basket, n’arpente plus la zone réservée au CCRB au bord du terrain. Pierrot a pris sa retraite des parquets. Sa deuxième retraite après celle qui a mis fin à 37 ans de travail pour le compte de Pomona.


Il faudra donc s’habituer à ne plus voir sa moustache frétiller à chaque action spectaculaire, son visage s’illuminer ( !) à chaque « blagounette » comme son facétieux « jour – nuit » (j’allume – j’éteins la lumière de la salle de presse) réservé aux journalistes en train de gratter leurs papiers. « J’avais de gros problèmes de santé il y a deux ans », explique-t-il. « Cela se traduisait par une grosse fatigue physique. On n’en trouvait pas la cause. Huit mois plus tard, les médecins ont découvert que c’était la thyroîde qui était la cause de mes problèmes. »


Six mois d’un traitement infructueux débouchent sur l’opération. Et voilà notre Pierrot à nouveau sur pied, prompt à dégainer une petite plaisanterie et faire profiter son entourage de ses souvenirs. Mais, pour ce qui est de son rôle d’intendant… « Dans ma tête, j’avais un deal avec Nikola (Antic). Le jour où il arrêterait, j’arrêterais aussi. » Fin de l’histoire, début des souvenirs.


AÏE, AÏE, AÏE !


 « Mon premier abonnement date de 1979. Pendant douze années, avec ma femme, nous étions supporters dans les gradins et un petit peu aussi bénévoles pour faire des sandwiches. » Aïe, aïe, aïe ! Quand on met un doigt dans l’engrenage, on est rapidement happé. Cela ne manque pas. André Le Guilloux, qui remplissait la fonction d’intendant du RCB, veut passer la main. « Il était proviseur à Gueux, là où travaillait ma femme. » Vous avez deviné la suite. « J’ai dit oui tout de suite. » C’était parti pour 25 ans de bénévolat.


Avec le RCB, Pierre Hayon a tout connu. La N1B, la N1A, la FIBA Cup et ses déplacements en Finlande, à Madère mais aussi la N1. Il a côtoyé quatre entraîneurs : Francis Charneux, Laurent Gaudré, Rodrigue Mbaye et Nikola Antic. Bien sûr, les souvenirs sont nombreux, certains réapparaissent au grand jour. « Je me souviens d’un retour après un match à Roanne, deux jours avant Noël. On a fait notre Noël dans le bus avec un réveillon froid. Foie gras, saumon fumé, volaille farcie, petite bûche. » Le tout préparé bien sûr par Pierrot qui a « baigné » toute sa vie professionnelle dans l’univers de la cuisine et de la restauration.


TOP SOUVENIR


Les meilleures choses ont une fin… faim ? Les difficultés des clubs marnais font que le RCB et l’Espé envisagent d’unir leurs forces. « La première fois, cela a échoué », souligne-t-il. « La deuxième fois, le projet était mieux ficelé. Cela a pris. » C’était reparti pour un tour avec le Champagne Châlons-Reims basket. Pour d’autres souvenirs, pour des amitiés solides. Aux Stéphane Khiari, Toussaint Tomaku, Mickaël Toti, Benoît Gillet ou autre Christophe Dos Santos sont venus s’ajouter Momo Sy, Benoît Mangin, Kévin Joss-Rauze et de nombreux joueurs américains. « Mon seul regret est de ne pas parler anglais. On aurait pu aller plus loin dans nos échanges avec Daryl (Watkins), DaShaun (Butler) ou Mark (Payne). »


Mais son top souvenir, « c’est le stage aux Bahamas. Un truc de ouf. Treize piscines – je crois que je les ai toutes testées -, des chambres dans lesquelles on aurait pu dormir à huit et un petit plaisir, le bain dans la mer à six heures du matin » avant que les choses sérieuses commencent…


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Le rôle de l’intendant


L’intendant doit s’occuper de (presque) tout « avec Geoffroy Menu » : en vrac, avant la saison, suivre la commande des maillots puis les entretenir, les placer dans les vestiaires, réserver les bus,  l’hôtel, le restaurant, s’assurer par exemple que les dimensions des lits sont « aux normes de notre cahier des charges » (2 mètres sur 2), que les repas « sont conformes à ce que le Doc a demandé », préparer la collation de la mi-temps dans le vestiaire (fruits secs, pates de fruit…), partir en déplacement avec les licences, les feuilles de qualification, s’assurer que les joueurs ont bien leurs papiers d’identité et tout le reste que l’on a oublié de mentionner.