ITW SMITH

INTERVIEW


Steven SMITH


 

- Steven, il y a exactement dix ans, vous faisiez vos débuts en NBA avec les 76ers de Philadelphie. Racontez-nous...

- Pour être honnête, je dois dire que la NBA n'a jamais été un rêve pour moi. Je la considérais juste comme, éventuellement, la récompense du travail accompli si je le méritais. Au départ, avec Philadelphie, cela s'est fait dans le flou car je n'avais pas été drafté. J'ai été recruté en tant que free agent et le contrat n'était pas garanti. Ensuite, c'était la première fois que j'étais dans une équipe où je ne jouais pas beaucoup. C'était déstabilisant parce qu'il y avait à la fois la satisfaction d'être en NBA, un rêve pour certains, et la déception de ne pas beaucoup jouer. Je savais comment la NBA fonctionnait, mais c'est autre chose de le vivre. En même temps, comme je jouais peu, je me posais pas mal de questions sur mon futur en tant que joueur professionnel. Ceci dit, cela a été une formidable expérience, l'une des meilleures périodes de ma vie et de ma carrière. Certes, j'ai peu joué, mais vivre une saison au quotidien avec une équipe de NBA a été très formateur. J'ai vu ce qu'était le très haut niveau. Quand vous vous entraînez avec des joueurs comme Allen Iverson ou Chris Webber par exemple, vous ne pouvez que progresser. Ce que j'ai appris à l'époque, notamment le fait de devoir travailler dur tous les jours, m'a aidé à construire ma carrière en Europe et sans doute à être encore pro à mon âge. Avec le recul, je suis très fier de cette période.

 

- Votre carrière s'est ensuite poursuivie en Europe. Quels sont vos meilleurs souvenirs sur notre continent ?

- J'ai beaucoup apprécié la Grèce, où j'ai joué quelques saisons. Notamment à Rhodes, où j'ai d'ailleurs joué avec Lance Harris, qui évolue aujourd'hui à Chalon-sur-Saône, et surtout au Panathinaïkos. En Grèce , le soutien des fans est inconditionnel, vous vous sentez portés. Au Pana, j'ai vécu cette expérience incroyable en 2011/2012, avec de grands joueurs et un grand coach, Zeljko Obradovic. On a raté de peu le titre de champion de Grèce, mais gagné la Coupe. De plus, le club venait de gagner l'EuroLeague et nous devions défendre ce titre. Nous sommes allés au Final Four (défaite 64-66 contre le CSKA Moscou en demi-finale, ndlr). Cette saison est assurément mon meilleur souvenir en Europe.

 

- Vous êtes en Pro A depuis 2014, quel jugement porte-vous sur l'élite du basket français ?

- C'est du haut niveau. Ce que j'apprécie, c'est qu'on y pratique un basket équilibré entre le jeu collectif et les perfs individuelles. Il y a aussi de bons coachs. C'est aussi très intense, il faut batailler chaque semaine, quel que soit le classement de l'équipe que vous affrontez. Avant chaque match, il n'y a aucune certitude.C'est très motivant. 

 

- Avec votre expérience, comment analysez-vous le début de saison du CCRB, qui souffle le chaud et le froid ?

- C'est vrai, mais le fait est nous ne sommes pas les seuls dans ce cas. C'est lié à la période, où chacun cherche encore ses marques. Je crois que nous avons le potentiel pour être très compétitifs, et nous travaillons dur pour cela. C'est très agréable d'être dans un club bien organisé, où tout le monde travaille dans le même sens, de sentir que tous ceux qui sont autour de nous sont fiers d'appartenir au CCRB. Très agréable aussi de voir des sourires dès le matin !

 

- Quand pensez-vous que le CCRB sera à 100% de son potentiel ?

- Je pense que nous y sommes, mais vous savez, un match de basket comporte beaucoup de paramètres et tout peut tourner sur des petits détails. Nous avons beaucoup de joueurs qui connaissent bien la Pro A et qui ont l'expérience suffisante pour faire tourner ces petits détails en notre faveur. Construire une série de victoires pourrait provoquer le déclic.

 

- L'objectif des play-offs vous paraît-il réalisable ?

- L'an dernier, je me souviens que la participation aux play-offs cela s'est jouée dans les dernières journées. Dans une ligue aussi serrée, c'est difficile de faire un pronostic aujourd'hui. A titre personnel, c'est mon objectif, mais je préfère prendre les matchs un par un et on verra où nous serons au moment décisif.

 

- Les fans disent que vous êtes le meilleur joueur du CCRB en ce début de saison...

- Non ! Pas du tout et d'ailleurs, je ne réponds jamais à ce genre de question (rires). Bon, cela me flatte bien sûr, et je les en remercie. Mais je suis d'abord un joueur d'équipe. Etre le meilleur n'a pas grand sens en ce qui me concerne. Le plus important est de donner le meilleur de moi-même pour que l'équipe soit meilleure. C'est mon approche du basket, qui fonctionne en pro depuis onze ans, et je n'en changerai pas. 

 

- Avez-vous déjà pensé à l'après-basket ?

- Un peu, pas trop. A cette question, je répondrais aujourd'hui qu'un jour, pour y redonner ce que j'ai appris, retourner à La Salle University en tant que coach assistant - je ne pense pas avoir la patience et la pédagogie pour être coach principal - me comblerait. Mais j'espère avoir encore quelques belles années de basket au haut niveau devant moi