CCRB - MONACO

La longue soirée du CCRB


L’illusion a duré sept minutes. Puis Monaco a imposé sa dureté, son efficacité, son implacable loi…


CHALONS-EN-CHAMPAGNE. – Monaco bat Châlons – Reims 106-68 (26-12, 26-15, 27-26, 27-15). Arbitres : MM. Bissang, Canet, Achéen. 2 100 spectateurs.


CCRB : 22 paniers sur 63 tirs dont 8 sur 17 à trois points. 16 lancers francs sur 19. 17 fautes. 32 rebonds (Cain 12). 15 passes décisives (Anderson 6). 20 balles perdues.


Young 6, Payne 5, Cain 4, Smith 25, Anderson 5 puis Choquet 8, Vasl 5, Antic 2, De Jong 6, Karolak 2.


MONACO : 40 paniers sur 72 tirs dont 9 sur 22 à trois points. 17 lancers francs sur 22. 19 fautes. 43 rebonds (Davies, Fofana et Ouattara 7. 23 passes décisives (Bost 12). 13 balles perdues.


Davies 12, Bost 15, Sy 4, Shuler 17, Ouattara 12 puis Wright 8, Gladyr 21, Aboudou 7, Rigot 2, Fofana 8.


 


C’est long quarante minutes ! Celles que le CCRB a vécues vendredi soir à Châlons ont été interminables. Face à l’ogre monégasque, présenté par le milieu du basket comme le grand favori de la saison, Mark Payne et ses coéquipiers ont donc connu une longue, très longue traversée d’un désert sans nom.


Après sept minutes déjà révélatrices qui montraient que Steven Smith avait la main chaude, que Tyler Cain était dans un jour sans ou encore que la Roca Team avait compris que Mark Payne et Alex Young étaient des cibles prioritaires, après ces sept minutes donc (12-13), Monaco allait s’envoler. « C’est une équipe qui s’impose en défense », avait prévenu Nikola Antic. Cela s’est vérifié sur le parquet, aucun Ccrbiste ne jouissant du moindre centimètre de liberté.


DES CHIFFRES IMPLACABLES


Quand la défense va, l’attaque aussi peut se développer en toute sérénité. Réduits à un famelique 4/19 dans le premier quart (21 %), les Marnais ont donc perdu pied sur un premier alley oop de Bangaly Fofana. La suite ? Un 20 à 2 à cheval sur les deux premières périodes qui mettait fin prématurément aux maigres espoirs champenois. A la pause, tout était dit (27-52). « On a perdu la bataille de l’intensité dès la première minute », a reconnu Nicolas De Jong. Les chiffres ne l’ont pas démenti. Après vingt minutes, ils étaient implacables : 12 % dans la raquette (2/16) contre 72 % (13/18), 15 rebonds à 24, 5 contres subis, 7 passes désicives à 12 et 18-81 à l’évaluation collective.


« On a mis de la pression tout terrain jusqu’à la fin », se réjouissait Billy Ouattara après coup. « On a bien fait notre travail », renchérissait Zvevdan Mitrovic, le coach monégasque. Pour le plus grand malheur de la troupe d’Antic, l’armada monégasque n’a jamais levé le pied. Le vif-argent Bost (15 pts – 12 passes) régnait sur la partie. « Nous avons eu beaucoup de faiblesse, notamment à la mène », lâche le technicien monténégrin. « On a été dépassé partout ».


UN SENTIMENT D'IMPUISSANCE


Sans cette « agressivité, sans cette fierté personnelle, sans une qualité d’écran indispensables dans le basket moderne », dixit Antic, e CCRB ne pouvait pas espérer rivaliser avec une formation qu’il a trop respectée. Sur le parquet, cela se traduisait par un écart prenant des proportions cauchemardesques (33-63, 24e). Les Marnais, vexés, tentaient de se rebeller. L’adresse périphérique de Smith (4/5 à trois pts) et de Choquet masquait  un temps les carences champenoises (53-74, 29e). Sans suite. Le dernier quart n’atténuait pas le sentiment d’impuissance. Les points tombaient de partout. Derrière la ligne de bonification, en contre-attaques, sur des dunks rageurs…


La punition atteignait les 40 points (66-106) pour se figer à 38 sur un dernier panier de Karolak (68-106). Le record du plus gros revers venait d’être battu. « Si cette lourde défaite pouvait nous faire comprendre que l’agressivité est indispensable… », soupirait un Nikola Antic abasourdi.